Méthodes de choc pour l'enseignement des langues ! |
C'est bien un vent de révolution qui secoue le groupe Sup de Col Montpellier ! Finis les traditionnels cours de langue : les étudiants suivent désormais leurs cours fondamentaux en langues étrangères avant d'aborder beaucoup plus sereinement leur stage ou leur seconde année obligatoire à l'étranger. Linda Agugliario, Responsable de l'enseignement des langues étrangères à l'ESC et Directrice de l'École Internationale, nous explique les secrets d'une immersion réussie.
DirectEtudiant : L'enseignement des langues a été profondément remanié à l'ESC Montpellier : pourquoi ces grands changements ?
Linda Agugliario : Nous sommes partis du constat que l'enseignement traditionnel ne permettait pas aux étudiants d'avoir suffisamment d'aisance pour suivre des cours dans une université étrangère ou pour être rapidement opérationnel dans un contexte professionnel. Aussi avons-nous supprimé les cours de langue et nous les avons remplacés par des séminaires de "langue de spécialité" orientée métier.
C'est un parti pris pédagogique validé par le constat des insuffisances qui découlaient des méthodes classiques. L'étudiant qui ne fait que de la traduction aura beaucoup de difficultés à transposer ses idées dans une autre langue, alors que la notion de transposition est essentielle pour progresser.
DirectEtudiant : Quels sont les thèmes abordés dans les séminaires ?
Linda Agugliario : Notre but était également de préparer les étudiants à la langue des affaires, et les séminaires ont trait au marketing international, à la comptabilité anglo-saxonne, à la méthodologie de projets. Nous savons eu par exemple un séminaire sur l'Europe en allemand. En plus de son intérêt linguistique, il offrait un autre regard sur les problématiques européennes. L'enjeu de ces séminaires est donc à la fois culturel et linguistique.
DirectEtudiant : Dans la pratique, comment se déroulent ces enseignements ?
Linda Agugliario : Nous avons fait venir de l'étranger des professeurs de gestion et de management et non des professeurs de langues. Ils enseignent leur spécialité dans leur propre langue comme ils le feraient à des natifs.
Les séminaires durent 20 heures. En parallèle, nous avons mis en place tout un dispositif de tutorat mené par des professeurs de langues qui possèdent une seconde spécialité comme le management ou la gestion.
DirectEtudiant : En quoi consiste ce tutorat ?
Linda Agugliario : En amont du séminaire, les tuteurs vont durant deux semaines apporter aux étudiants un support explicatif qui leur permet de tirer le plus grand profit du cours. Nous avons eu par exemple un séminaire sur le top management en Allemagne qui faisait appel à une phraséologie très particulière à laquelle les étudiants de première année n'étaient pas préparés. Le tuteur les a donc aidés à se familiariser avec cette syntaxe.
En prolongement du séminaire, le tuteur reprend quelques semaines plus tard les points difficiles et propose éventuellement des informations complémentaires. Nous demandons parfois aux étudiants de faire un exposé sur ce qu'ils ont compris. Le tuteur exploitera alors les failles et les éventuels contresens de cette présentation pour son prolongement.
DirectEtudiant : Ces dispositifs préparent activement à la seconde année à l'étranger...
Linda Agugliario : Nous sommes en effet la seule ESC à avoir rendu cette seconde année à l'étranger obligatoire. Elle peut mener à un double diplôme de type BBA ou à un simple échange. En même temps, cette année à l'étranger peut poser des problèmes. L'étudiant se sent souvent perdu lorsqu'il arrive dans une université étrangère car les professeurs ne font aucune différence entre lui et les natifs. D'autre part, un mauvais niveau de langue des étudiants français risque de faire baisser les scores des universités qui se montreront alors moins favorables aux partenariats.
Aussi nous nous engageons à ce que nos étudiants préparent le Toefl et obtiennent un score minimum de 213 points avant leur départ. Cela leur demande évidemment un gros travail personnel. Ils se préparent aux tests dès la rentrée et les passent entre novembre et décembre.
DirectEtudiant : Cette méthode a été initiée cette année : avez-vous assez de recul pour évaluer ses résultats ?
Linda Agugliario : Nous avons mis en place une série d'analyses et un bilan pédagogique pour connaître le sentiment des étudiants, mais il nous faudra bien sûr attendre l'an prochain pour obtenir les retours des universités partenaires. Ce que nous pouvons observer cependant, c'est que les étudiants qui s'apprêtent à partir pour l'étranger le font dans un autre état d'esprit car ils ont vécu toutes les difficultés de l'immersion au préalable.
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