Ecole des Mines d'Alès : La stratégie des missions |
A l'école des ingénieurs-entrepreneurs, on mise sur une pédagogie de choc : voici donc les élèves ingénieurs promus collaborateurs en missions de terrain. Et qu'on n'aille surtout pas leur dire qu'elles sont impossibles !
Le sens du défi
Quoi de plus motivant qu'un défi à relever ? Forts de cette certitude, les responsables pédagogiques de l'Ecole des Mines d'Alès ont mis en place il y a quatre ans une nouvelle stratégie qui privilégie l'action et la responsabilité. En fonction des problèmes ou des demandes exprimés par les entrepreneurs, les élèves-ingénieurs vont durant leur scolarité effectuer en équipe de trois quatre missions en entreprise, avec bien sûr une obligation de résultats !
De la création d'entreprise au lancement d'un nouveau produit en passant par la résolution d'un problème de logistique ou de production, les objectifs ne manquent pas mais obéissent toutefois à une progression : «La mission Création d'Entreprise qui intervient en dernière année représente l'aboutissement de l'ensemble de la problématique entrepreneuriale, nous explique James Ollivier, Responsable de la Première Année. Il est d'ailleurs tout à fait intéressant de constater que sur les quarante projets de création d'entreprise menés par les étudiants, cinq ont vu le jour ! »
Les missions se déroulent à l'échelle nationale voire internationale puisque certains étudiants intègrent des entreprises marocaines, espagnoles ou tunisiennes.
Mobiliser ses compétences
Pour que l'expérience colle au plus près des réalités professionnelles, le trio d'étudiant est choisi au hasard de même que le sujet de la mission. Capacité d'adaptation, pertinence des observations et des solutions suggérées, prise de décision : toutes ces qualités si nécessaires à un futur dirigeant sont sollicitées.
« Les stages traditionnels ne sont pas pour autant remis en question, précise James Ollivier, mais leur objectif est tout autre. Durant le stage, les étudiants ne découvrent souvent qu'un seul aspect de l'entreprise. Ils n'ont pas cette vue d'ensemble et la démarche transversale que nécessite la mission. Au cours de celle-ci, ils seront directement en contact avec les dirigeants puisqu'ils vont les aider à résoudre un problème spécifique. Cela les oblige à une plus grande ouverture : ils doivent aller chercher les informations nécessaires à la conduite de leur mission, que ce soit par téléphone ou auprès d'interlocuteurs très variés. Le stage permet souvent d'appliquer ce qui a été vu en cours, alors que la mission les confronte à des problématiques et à des secteurs totalement nouveaux. »
Enthousiasme garanti
Que pensent les étudiants de cette pédagogie novatrice ? Arnaud Modola, étudiant de deuxième année, a passé cinq semaines dans une entreprise de luminaires. Objectif de sa mission : réduire le temps consacré à l'administratif et diminuer la quantité de papiers utilisée. « L'entreprise était confrontée à des problèmes de retard et avait du mal à tenir ses délais, nous explique-t-il. Au bout de cinq semaines, nous avons proposé des solutions qui ont été retenues par les dirigeants. »
Quant à Gaëlle Le Berre, elle a dû étudier les flux de matières dans une entreprise en passe de s'agrandir et qui devait gérer une forte augmentation de sa production. Là encore les innovations suggérées par le trio ont permis à la société de franchir cette nouvelle étape sans encombre.
Quels sont donc les atouts de ces jeunes étudiants face à des professionnels chevronnés ? « Nous apportons un regard neuf à l'entreprise, précise Arnaud, et comme nous venons de l'extérieur, nous suggérons des solutions auxquelles les gens qui sont en poste ne songent pas forcément. »
En première année, sa mission sur la création d'entreprise l'a conduit à suivre toutes les démarches pour le lancement d'un caveau de vins. Devis, étude de marché, démarches auprès des chambres de commerce : la genèse de l'entreprise n'a plus de secret pour lui !
|