EPITA : « Nous collons au plus près à l’évolution rapide de l’informatique » |
Créée en 1984 sur le concept alors précurseur d’école d’ingénieurs informaticiens, l’EPITA (Ecole pour l’Informatique et les Techniques Avancées) a su imposer une image dans le paysage des formations de haut niveau, et dans un secteur où l’activité et le recrutement ont renoué avec la croissance. Joël Courtois, directeur depuis 1997, répond à nos questions.
DirectEtudiant : L’EPITA, à Paris, a toujours eu une image singulière d’innovation. Expliquez-nous pourquoi.
Joël Courtois : « L’informatique est passée il y a longtemps déjà du statut d’« outil » à celui de « métier ». Pourtant, cela ne s’est pas traduit tout de suite dans les cursus officiels, que ce soit à l’université ou dans les grandes écoles. Nous avons donc dû montrer la voie, en nous différenciant des écoles plus ou moins généralistes enseignant l’informatique au service des autres métiers. Notre challenge est de dispenser un double cursus : une formation d'ingénieur et une formation spécialisée pour des ingénieurs informaticiens et non pas des ingénieurs « option informatique ».
En vingt ans, nous avons ainsi formé plus de 4000 professionnels. Nous décernons un diplôme homologué de niveau 1 : nos diplômés seront, en entreprise, 100% ingénieurs informaticiens parfaitement au point sur les aspects techniques, mais également cadres d'entreprise voire managers ! Je dois dire que depuis, d’autres écoles ont suivi cette voie… nous donnant raison.»
DirectEtudiant : Comment évoluez-vous, alors que l’informatique est un des domaines qui bouge le plus et le plus vite ?
Joël Courtois : « On entre chez nous essentiellement après un Bac S, sur dossier, après des tests et un entretien très serré. L’enseignement dure alors cinq ans, dont deux correspondent à la prépa et trois à des années d’ingénierie. Notez tout de même que 20% des étudiants intègrent à BAC + 2 sur dossier (après un DUT ou un niveau L2), ou sur concours après une prépa grandes écoles.
Nous avons un tronc commun, couronné par six options en dernière année. Celles-ci évoluent en permanence pour préparer aux métiers pratiqués sur le terrain: les « systèmes, réseaux et sécurité » qui ont longtemps dominé, sont supplantés aujourd’hui par les « systèmes d’information et le génie logiciel » (SIGL), suivis du « multimédia », de « l'informatique embarquée et temps réel », des « sciences cognitives », des « télécoms » et enfin d’une option plus restreinte appelée « calcul scientifique et image» (réservée aux élèves désireux ensuite de poursuivre en Doctorat). L’option SIGL draine le plus de vocations en ce moment, sans doute car la demande va dans ce sens de la part des entreprises : même si nous sommes d’abord d’excellents informaticiens, on nous fait aussi de plus en plus intervenir sur les aspects industriels et qualité de la production du logiciel compte tenu, par exemple, de la mondialisation des services.
Comment coller de plus près à une discipline multiple et très mouvante ? D’abord par nos enseignants, dont beaucoup sont des enseignants chercheurs permanents de nos laboratoires, ou viennent de l’université ainsi que de l’entreprise. Mais aussi par notre philosophie : l’EPITA, je dirais que c’est « l’intelligence informatique ! ». Avec le plus de réalisme possible et une immersion des élèves dans des conditions professionnelles les plus proches de la réalité. »
DirectEtudiant : On en sort comment ?
Joël Courtois : « Très bien, en particulier dans des secteurs d’activité qui sont moteurs de la croissance aujourd’hui, ou ont retrouvé des couleurs : les SSII, les éditeurs de logiciels, la banque, la finance et l’assurance, ainsi que les télécoms. En termes de fonctions, comme je le disais, nos élèves sont des experts de haut niveau ou des industriels de la mise en œuvre technologique. On nous retrouve peu dans les « sales » mais beaucoup dans les DSI, beaucoup ingénieurs d’études aussi, de chefs de produits, de consultants, sans oublier la R&D et les postes de direction d’entreprise. Quant à l’efficacité, elle parle d’elle-même : 60% de nos étudiants ont signé un CDI avant d’avoir quitté l’école….
Enfin, d'un point de vue international, environ 20% de nos étudiants réalisent durant leur cursus un stage à l'étranger (parfois mieux rémunéré qu'en France) la plupart du temps aux Etats Unis ou en Asie et notre ambition est de doubler ce pourcentage dans les quelques années à venir. »
Pour en savoir plus : http://www.epita.fr
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