Vendredi 16 Mai 2008

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Le label « Ecole de Commerce fait-il encore recette ? »

Combien sont-elles exactement aujourd'hui ? Les écoles de Commerce essaiment le territoire français : un bien pour les régions ? Sans doute. Mais les diplômes de ces formations traditionnellement réputées ne risquent-ils pas de souffrir de cette prolifération ? Christian Margaria, Directeur de l'INT et Président de la CGE, répond à nos questions.

Ecole de Commerce : un label malmené ?

Quelle région n'a pas aujourd'hui son école de commerce ? Si elles se comptaient autrefois sur les doigts d'une main, elles essaiment aujourd'hui l'ensemble du territoire, et il n'est plus besoin de passer par la traditionnelle prépa pour accéder à ces formations réputées.

Au bout du compte, chacun aujourd'hui peut se réclamer d'une école de commerce, quel que soit le nombre d'années qu'on y ait passé. On voit en effet apparaître des formations en trois ans, sur le modèle du bachelor anglo-saxon, d'autres en quatre ans, tandis que les écoles traditionnelles revoient leur cycle ESC en fonction de la réforme LMD.

Bref, entre confusion et prolifération, qu'en est-il de l'image de ces formations autrefois si convoitées ? Pour Christian Margaria, Directeur de l'INT et Président de la CGE, le problème n'est pas d'ordre quantitatif mais plutôt qualitatif : « Il y a d'une part le nombre d'école et la perception de leur qualité, précise-t-il. Ce qui importe, ce sont les moyens disponibles par élève, comme le nombre d'enseignants chercheurs par exemple. »
Autrement dit, le nombre d'école ne nuirait pas à l'image du diplôme : « Si l'on considère seulement le nombre des écoles, poursuit Christian Margaria, la France est devancée par ses concurrents internationaux. Il y a bien sûr le problème de la taille critique, mais les plus grandes universités du monde comme celle de Mexico qui accueille 400 000 étudiants ne sont pas les plus connues. Songez à Harvard par exemple qui n'accueille que quelques milliers d'étudiants. »

« Il est vrai qu'on a voulu effectuer un maillage du territoire national, et que cela s'est fait peut-être un peu à tort et à travers, concède-t-il. Mais le nombre des écoles n'atteint en rien la qualité de leur enseignement, car dans tous les cas, la sélection se fait à un moment ou à un autre. »
Au niveau de cette sélection justement, il y a aujourd'hui mille manières d'intégrer les écoles de commerce : après des classes prépas, après le bac ou un bac + 2, avec des concours spécifiques. Les passerelles sont multiples pour intégrer des formations très différentes mais qui toutes se disent Ecoles de Commerce. « Chaque école choisit son modèle, observe Christian Margaria, et je ne soutiens pas qu'aucun soit meilleur qu'un autre. A l'INT, par exemple, 20% de nos diplômés viennent de l'université avec une maîtrise, et intègrent l'école en deuxième année. Nous tenons d'ailleurs beaucoup à cette diversité de parcours.»


La solution est dans le titre

Alors, si le label Ecole de Commerce est quelque peu galvaudé, la solution est peut-être dans le titre, à l'instar du titre d'ingénieur. En somme, il faudrait une appellation protégée qui lèverait toute confusion et rendrait leur crédit à des formations qui le méritent.

C'est pourquoi en 2001 la CGE a mis en place le chapître des Grandes Ecoles de Management. Elle en reconnaît actuellement une trentaine, réparties sur tout le territoire, et pour Christian Margaria, « Il n'est besoin qu'un peu de temps pour que les choses soient claires dans les esprits. Comme le titre d'ingénieur, protégé depuis 1934, le label « Ecole de Management » permettra de clarifier la situation ».

« Il est vrai que Le vocable Ecole de Commerce recouvre une grande variété de modes de formation, qui ne sont pas toujours comparables, ajoute-t-il. C'est pourquoi nous avons instauré la notion d'école de management pour des élèves qui sortent d'écoles d'une qualité telle qu'on ne puisse se poser de questions. Ce concept devrait permettre de lever toutes ces ambiguïté si ce n'est pas déjà fait »

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