« EN3S :
l'Ecole Nationale Supérieure de Sécurité
Sociale »
Entre
les grandes politiques européennes et les réformes
indispensables à sa pérennité, notre
service public de sécurité sociale est au seuil
de grandes mutations : des défis passionnants pour
ses gestionnaires qui seront au cour de ces grands changements.
Pierre Ramon Baldié, directeur de la formation initiale
à l'Ecole Nationale Supérieure de Sécurité
Sociale nous présente cette institution prestigieuse
mais trop mal connue.
Direct
Etudiant :
Quelle est la vocation de l'EN3S ?
Pierre Ramon Baldié : L'EN3S a été
créée il y a quarante-cinq ans, de même
qu'un certain nombre d'écoles de l'administration d'Etat
qui fonctionnent sur le même modèle que l'ENA et
qui forment ainsi leurs cadres dirigeants. Elles présentent
d'ailleurs de nombreuses similitudes dans leurs concours d'entrée.
Direct
Etudiant :
Quels sont les critères d'admission ?
Pierre Ramon Baldié : On peut intégrer
l'école de deux manières, soit par le concours
externe, soit par le concours interne après quatre ans
d'expérience dans un organisme de sécurité
sociale.
A côté de la formation initiale, nous proposons
un vaste programme de formation continue dans des domaines très
larges. Cela va des certifications de parcours à l'acquisition
de nouvelles compétences, notamment pour des cadres étrangers
qui viennent régulièrement puiser dans notre expérience.
Direct
Etudiant :
Quels sont les profils des étudiants de l'EN3S ?
Pierre Ramon Baldié : Pour les cursus
initiaux, nos principaux viviers sont les filières universitaires,
comme la finance, la comptabilité ou le droit, et surtout
de nombreux diplômés de Sciences Po.
Direct
Etudiant :
Quels sont les principaux enseignements ?
Pierre Ramon Baldié : Le cursus comprend
trois grands types d'enseignements. Le premier, qui fait aussi
notre singularité, vise le développement personnel
des élèves, avec par exemple des référents-coach
tout au long de la formation et un accompagnement par des consultants
pour évaluer sa propre cartographie de compétences
et bien sûr la faire évoluer (bilans, tests de
personnalité, etc)
A côté de cela, une grande partie du programme
est consacrée aux politiques publiques sociales comme
les politiques de santé. On en mesure les enjeux, les
principaux acteurs, les dimensions européennes et internationales,
etc. Cette partie du programme propose également des
enseignements plus spécialisés selon l'affectation
des élèves. Ce peut-être par exemple l'Assurance
Maladie avec des enseignements sur la politique du médicament,
le droit de la santé ou la prévention sanitaire.
Enfin, la dernière grande partie est consacrée
à la gestion des organismes de sécurité.
Les étudiants doivent acquérir des compétences
de chefs d'entreprises et par conséquent connaître
le droit du travail et les conventions collectives, les techniques
de management d'équipe et de projet, la gestion, et bien
sûr les nouvelles technologies de l'information dans le
domaine du service public.
Direct
Etudiant :
Vous proposez des avantages multiples : rémunération,
hébergement.
Pierre Ramon Baldié : Nous fonctionnons
à l'instar d'autres grandes écoles comme l'ENA
et nous offrons en effet une rémunération au cours
de la scolarité en contrepartie d'un engagement de dix
ans dans le service public.
Il est vrai que les conditions de formation sont excellentes
(hébergement, moyens technologiques et pédagogiques…)
: c'est l'intérêt d'un système hybride alliant
la dynamique d'une gestion privée à l'intérêt
d'une mission de service public.
Direct
Etudiant :
Combien d'étudiants accueillez-vous par an ?
Pierre Ramon Baldié : Nous proposons
tous les ans de soixante à soixante dix postes sur toute
la France.
Direct
Etudiant :
Les futurs cadres dirigeants de la Sécurité Sociale
participeront-ils aux grands bouleversements qui s'annoncent
?
Pierre Ramon Baldié : Absolument ! Les
grandes orientations sont à la fois amorcées et
relayées par les organismes qui contribuent activement
à l'optimisation du système par la collecte et
la maîtrise des dépenses pour contribuer au renforcement
de notre modèle social. L'avenir est prometteur en terme
de stratégies à développer.
Direct
Etudiant :
La dimension internationale et surtout européenne est
donc de plus en plus importante ?
Pierre Ramon Baldié : Elle est déjà
présente dans la scolarité puisque les étudiants
participent à un cycle international d'un mois sur les
dix-huit mois de formation avec un stage obligatoire dans un
pays européen. Ils travaillent sur les comparatifs de
fonctionnement d'un système à l'autre et bien
sûr sur les conditions d'exportation d'expériences
ou de pratiques qui ont fait leurs preuves. : la Suède
est clairement en avance dans le domaine des modes d'accueil
de l'enfant, la Belgique dans celui de la simplification des
déclarations. Autant d'échanges alimentant la
réflexion des dirigeants français.