Californie : "une maison de bois accrochée à la colline" |
Premières impressions, premières découvertes : Jean-Denis Barré a été nommé comme développeur chez un gros concepteur de logiciels de Los Angeles. Il nous envoie la chronique savoureuse de sa nouvelle vie américaine...
Avec ou sans fenêtre ?
"Comme je n'ai guère de temps, j'écris pendant ma pause déjeuner dans mon petit bureau sans fenêtre - sandwich, jus de mangue et muffins à la cannelle - la cantine a très bonne réputation...
C'est sans doute parce que je suis nouveau que je n'ai pas de fenêtre. Elles sont un rare privilège ! Il y en a dans les bureaux de l'autre côté du couloir, et en me penchant un peu, j'aperçois les montagnes et la vallée de Los Angeles par dessus l'épaule de mon voisin.
L'entreprise est pleine d'étrangers. L'anglais est la langue la plus utilisée dans mon service, mais on y parle aussi le français, l'allemand, le russe, le japonais, le chinois, l'espagnol et quelques dialectes hindous. Je travaille comme "product specialist", c'est à dire que je conçois des logiciels que vous essaierez peut-être de mettre en ouvre en Europe ! L'ambiance est assez agréable au bureau, comme dans la vie de tous les jours d'ailleurs. Au moins, il faut laisser ça aux Américains : lorsque vous en croisez un, il prendra (presque) toujours le temps de vous dire bonjour poliment et avec le sourire. Essayez à Paris et vous verrez...
Je suis payé à l'heure, et je peux venir travailler quand je veux, même la nuit ! Je peux également convertir mes heures supplémentaires en jours de vacances. J'ai négocié un contrat un peu plus avantageux que la norme puisque je débute avec 10 jours de vacances annuels au lieu de 8 ! Si vous ajoutez à cela 9 jours fériés par an, vous comprendrez que j'aie envie de faire des heures sup ! Voilà à quoi ressemble ma vie dans une grand entreprise au pays du capitalisme-roi.
Une maison de bois
Nous habitons dans un "condo" ou condominium ; imaginez une sorte de village de vacance avec des tas de petites maisons en bois collées les unes aux autres. Le bois n'est pas un très bon isolant ! Hier matin j'ai cru qu'il pleuvait ; ce n'était que mon voisin qui prenait sa douche...
De toute façon, il ne pleut jamais par ici. Oubliés la pluie, la bruine, le crachin, les ondées ; rien que du soleil et des palmiers ! La température en ce moment oscille entre 10° la nuit et 25° le midi. Il faut dire que c'est l'hiver.
Nous sommes tout au bout de la vallée et à plus de cent kilomètres du centre ville ! Mais le décor est plutôt agréable à part les soirs où le nuage de pollution monte jusqu'ici. A paris, le vent emmène la pollution vers les campagnes de l'est ; ici, entre les montagnes, il se forme un gros nuage d'environ 100 km sur 50 qui se déplace de façon assez capricieuse. Quand il arrive chez vous, c'est terrible ! Il semble que plus bas dans la vallée il y ait des endroits où il stagne en permanence.
Une question d'échelle
Quant au décor, c'est comme dans les films ! C'est bien normal puisqu'ils sont tous tournés ici : les rues sont larges comme des autoroutes, les voitures grosses comme des camions, et bien entendu, les camions sont aussi gros que des trains !
Dans les maisons voisines, les garages font facilement plus de 100 m² , et la concession où je suis allé hier soir faisait la taille de la place de la bastille ! Quand on croise des voitures européennes, on a vraiment l'impression que ce sont des jouets...
En ce moment, je cherche à acheter une voiture. Les modèles en vogue ressemblent à des porte-avions avec des roues. Je vais sans doute me laisser tenter ! De cette manière je contribuerai à la pollution ambiante. Je ne vais tout de même pas me laisser enfumer sans réagir !"
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